Vittorio Alfieri - Opera Omnia >>  Giornali




 

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1774 - 75


Torino.

Se rendre conte à soi même des actions de chaque jour, n'est le plus souvent qu'un temps perdu, parce qu'on répéte facilement le lendemain les mêmes déffauts dont on a rougi le soir d'avance. Plusieurs philosophes ont cependant regardé cette méthode comme trés bonne, en ce que, tôt ou tard, un homme de sens doit se corriger de ce qui doit nécessairement lui déplaire, en se regardant aussi souvent dans ce fidéle miroir; car personne ne nous connaît mieux que nous-mêmes, et l'on se fuit ordinairement, parce que chaque homme est malheureusement dans le cas de ne point trouver de plus mauvaise compagnie que soi-même: n'importe; je m'en vais voir si en m'analysant de prés, je pourrai me tolérer. Ce ne sera pas un des moindres avantages que je me propose, que celui d'être plus indulgent pour les autres; une main à la conscience vous force l'autre à se tenir sur la bouche, collée contre les lévres. Que d'inutilités épargnées, si la mode prenoit! Pour moi je l'adopte.



Dimanche, 25 9.bre 1774.

Je m'éveillois ce matin, et en homme oisif, demandant quel temps il faisoit; l'on me répondit qu'il neigeoit; ah ciel, quel vuide affreux pour un fainéant! La ressource des grands chemins vous est interdite: vous ne pourrez pas promener votre ennui ni au trot ni au galop; vous ne lui donnerez point de ces rudes secousses qui vous font croire quelquefois que vous allez vous en débarrasser; non, monsieur, ce compagnon inséparable de l'oisiveté va vous suivre pas à pas dans les démarches du jour; c'est là, je crois, votre ange gardien, invisible conducteur de toutes vos actions; il y préside, il les dirige; mais à la différence do tout ce que l'on dit de celui là, celui ci ne pense qu'à son propre intérêt et il vous y sacrifie toujours.

Je m'habille à la hâte, je sorts, je cours là, où une longue habitude, quelques restes de tendresse, et une espéce de gratitude m'appellent, mais j'y suis à peine, que dégoûté du mauvais accueil et craignant le retour d'une humeur chagrine et acariâtre, je cherche à m'en éloigner, moitié par raison, moitié par crainte. Que de contrastes dans notre cœur, que de faiblesses, que d'inconséquences! Je voudrois rompre entiérement ce lien, je n'y suis jamais plus porté que lorsque je me rapproche de l'objet, mais à mesure que je m'en éloigne, j'en regarde la fin comme un malheur, je la crains comme tel, et je n'aurois jamais le courage de l'entreprendre.

Je vois en attendant que le temps m'interdit le plaisir, ou pour mieux dire l'habitude de la promenade; je cours risque de me retrouver moi-môme, si je suis tout seul a mon dîner! Fuyons, fuyons à toute bride, envoyons chercher du monde, cela vaudra mieux. Je choisis: c'est pour ce jour une compagnie de gens instruits que vous voulez à votre table, mais vous ne pensez pas à la fatigue énorme que vous ferez pour ne pas paraître ignorant, quoique vous le soyez; il est vrai que les lettrés sont ordinairement polis pour qui exerre envers eux l'hospitalité, mais ceux que vous avez aujourd'hui ne sont point flatteurs; ainsi ayez l'esprit de dire peu, de ne rien discuter, de faire semblant de comprendre, quoique vous ne compreniez pas; enfin de les ramener peu à peu à des discours où vous puissiez aussi y mettre du votre; L'hazard vous a fait inviter aussi un noble, encore plus ignorant que vous, et peut-être plus présomptueux encore; vous étiez au moment d'en abuser et de jetter sur lui le ridicule que les deux sçavants vous ont épargné à vous même: hommes, hommes, ne verrez vous jamais que la bosse de votre voisin, sans prendre garde à la vôtre?

Le dîner finit, et les bavardages de l'après-dîner aussi; je me sépare de mes convives, flatté en moi-même de leur avoir laissé une bonne opinion de moi. Dieu le sçait, mais à coup sûr il y a des moments où je l'ai meilleure, d'autres, ou je l'ai pire qu'ils ne pourroient jamais l'avoir; il résulte de là, si je ne me trompe, qu'eux pouvaient peut-être l'avoir plus juste que moi.

Mais, quoique prés de deux tiers de la journée soyent écoulés, je ne suis pas plustost à moi que je me demande que faire: aller, sans sçavoir où! Un carrosse qui éclabousse des gens qui valent souvent mieux que moi, va promener mon inutilité dans les rues, où une sotte vanité me donne l'espérance que j'y serois remarqué. Je le suis, ou je crois l'être, je déshonore vingt femmes en passant par des désirs impurs, et mon imagination déréglée me présente là dessus mille objets de plaisir, qu'une seconde de réflection anéantiroit s'ils estoient réels. Jugez ce qu'ils deviennent estant imaginaires!

Si quelque femme aussi peu estimable que moi me regarde, cela me réjouit pour un instant, un sot amour propre mo fait envisager cette œillade comme une bonne fortune; la raison réclame ses droits, et me fait sentir aussi-tost, qu'il n'y a point de félicité dans cet espéce de plaisirs, qui ne laissent derriére eux qu'un vide immense; c'est la même folie, qui me conduit chez l'actrice un moment après; je l'avois connue dans un autre pays, je la trouve en grande compagnie de gens que je ne connais point; la paillardise, qui m'avoit accompagné jusques-là, se trouve déconténancé par le nombre, et me laisse une autre-fois en proye à l'ennuy, qui me fait croire aussi-tost que je suis déplacé dans cette maison. J'en sorts, je cours de nouveau chez la belle du matin: môme embarras, mêmes contradictions; je l'accompagne dans une tierce maison: il y a là petite compagnie, mi-partie de gens honnêtes que j'estime, et de gens en place que je n'estime pas; je veux plaire aux uns, et ne pas déplaire aux autres. Courage! je touche de prés à une bonne qualité: c'est le premier bon sentiment que m'anime de la journée; je ne m'en fais pas tout l'honneur possible, car je sents qu'il y a aussi là ce petit grain de poison, que j'appelle « vanité »; et je crois en moi-même que si le public n'apprécioit pas tant la vertu, je ne rechercherois pas si absolument les gens vertueux pour eux mêmes. Je me sépare de la belle; une idée que je ne sçais pas encore si elle est juste ou fausse, m'empêche de la suivre; elle va dans la maison la plus peuplée de la ville, elle est coquette, elle a des griefs contre moi, vrais ou faux. Ma vanité pour les deux tiers et demi, et l'amour pour l'autre demi-tiers, m'empêchent de voir tranquillement les effets qu'elle attend de ses démarches; ainsi je crois d'être prudent en n'y allant pas. Je vais chez un de mes parents; il y a trés peu de monde, et du monde que je connais peu; j'y reste quelque temps par politesse, et enfin raisonable pour la premiére fois du jour, je me retire chez moi, je dois dire, avec quelque sorte de plaisir; j'embrasse tout ce que j'ai fait et je n'embrasse que de l'air, satisfoit pourtant d'avoir imaginé de me rendre ce compte sincére à moi même. Je préfére déjà de beaucoup le jour où j'ai osé me rechercher, à tous ceux où je me suis lâchement échappé et soustrait à une considération aussi nécessaire qu'utile.


Lundi, 26 9.bre 1774.

A huit heures je m'éveillais. La premiére idée qui se présente ordinairement à mon esprit c'est la dame dont j'ai parlé hier; c'est ce qui me fait croire aussi, malgré ma philosophie, que je ne suis point guéri. La paresse me retient au lit jusqu'à neuf; je me léve enfin et je cours chez elle. C'est l'habitude qui m'y conduit; la mélancolie, l'ennui et un peu de paillardise m'y retient jusqu'au midi. A une heure j'y retournai habillé pour y diner; j'ignore si c'est la tendresse qui engendre la mélancolie, ou la mélancolie la tendresse; je sçais que l'un ne va jamais sans l'autre chez moi: j'estois donc tendre et triste jusqu'à quattre heures.

J'allai promener tout seul jusqu'à cinq heures, je ne pensais guéres, ou je pensais à cette femme; je retournai chez elle, j'eus une espèce d'explication, où je ne gagnais rien, car je perdis la moitié de ma résolution, qui estoit de la quitter; à huit heures je la suivis chez sa sœur, je jouais, j'ai boudé, j'ai été jaloux contre mon attente, je la suivis encore chez elle à dix heures. L'explication continua, j'y gagnois encore moins, mais je fis une belle action: quoique la nature et l'amour m'inspirassent tout ce qu'il a de plus tendre et de plus voluptueux, je tins ferme à ne pas promettre le nouveau don de ma liberté. Je résistai à tout et je la quittai à minuit, vainqueur de moi-même et cependant peu satisfoit. En rentrant chez moi j'ai donné un coup d'œil au livre de dépense journaliére, qu'on m'apporte le soir. J'ai la maladie des nobles corrompus, de vivre fastueusement avec le moins de dépense possible. Mon avarice est subordonnée à mon ambition; je m'estime peu pendant le jour, mais le soir je n'ai pas plustost la plume à la main, que je crois que je ne vaux pas le diable.


Mardi, 27 9.bre.

Levé à neuf heures, sorti tout de suite à l'ordinnaire, allé dans le môme endroit, resté jusqu'à midi avec trés-peu d'aplitude pour pouvoir aller autre part: depuis midi jusqu'à une heure, promenade: ensuitte visite chez ma sœur; trés-peu-de cordialité de part et d'autre, beaucoup d'offres cependant; le tout suivant l'usage perfide des gens de qualité. À deux heures, diné tout seul; après le diner retourné là encore plus échauffé, mais en môme temps convaincu que c'est là perdre son temps. À 4 heures je l'ai menée à la promenade; à cinq heures, chez moi à lire et écrire ceci jusqu'à sept heures; je suis retourné là; assisté à une loilette ennuyanle; toujours plus senti le vide du monde et d'une intrigue surtout. À 8 heures, retourné chez moi et passé quattre heures délicieuses, occupé à écrire ma tragédie, à lire, à écrire mes occupations du jour, qui, quoique trés-futiles par elles-mêmes, ne laissent pas de me satisfaire beaucoup plus que celles des jours précédents.


Samedi, le 19 de Février 1775.

Il y a peu de journées dans ma vie où j'aie été plus sot et plus ridicule que celle-ci. D'abord, en sortant du lit, j'avois sa quelques idées pour la tragédie, mais par paresse d'esprit je différai jusqu'au soir à les écrire, et empressé de sortir, comme si j'avois su où j'allais, je m'habillai à la hâte. Je passai chez mon ami que j'avois vu à la fenêtre sans bottes; j'étais sûr qu'il ne monterait pas à cheval; toutefois je montai pour le lui demander, uniquement parce que je ne savais que devenir, et que lorsque une inutilité sort de chez soi, il faut nécessairement qu'elle aille débiter des inutilités chez un autre.

Après y avoir resté un moment, ennuyé d'y être, je redescendis l'escalier et j'allai enjamber un cheval, sur lequel je me mis à suivre la garde; j'étais fâché que mon cheval ne s'épouvantât point du tambour, et j'aurois souhaité qu'il fit quelque saut pour avoir occasion de faire admirer mon adresse à le manier. Il y avoit pourtant quelque contraste en moi, car je n'aurois pas voulu absolument être beaucoup remarqué, parce que j'avois la barbe longue et ne me croyais point en beauté. Je passai toute la rue du Pô au grandissime trot, et quoique je dise que. je ne trotte de cette façon que pour la santé, dés que personne ne me voit, je vais le pas ou le petit galop. Je montai successivement trois chevaux, que je châtiais souvent mal à propos, me servant despotiquement et injustement de l'autorité que ces bêtes m'ont laissé usurper sur elles.

Je revins ensuitte par la rue du Pô. Une faiblesse ridicule m'y fait passer trés-souvent; je sçais qu'une femme, qui promène ordinairement dans cette rue, me fait des agaceries, je ne m'en soucie point, mais je serais fâché qu'elle ne m'en fit pas; si je la rencontre, je fais quelque-fois semblant de ne la pas voir, et je me retourne après pour voir si elle m'a regardé; je dis sans cesse qu'aucune femme ne pourrait flatter mon amour-propre, cependant je l'avouerai pour ma grande confusion, celle-là que je n'estime point et que je n'aime pas non plus, ne laisse pas que de le flatter un peu. Me voilà enfm de retour: je m'habille et je lis; j'ai la tête remplie decent mille fadaises, de sorte que je fais peu d'attention à ce que je lis: je me propose de travailler le soir: je dis que je me passerai du bal, que ces divertissements ne m'amusent point, et ce n'est pas vrai. J'ai trés-grande envie d'y aller, et je sçais d'avance que je n'écrirai rien et que j'irai au bal.

Arrive un danseur, ensuitte un musicien, pour dîner avec moi; cela me fait plaisir, quoique la compagnie ne soit pas bien amusante, parce que je me fuirais un peu moi même, et de cette façon je me trouverois moins humilié.

L'on dine; dispute sur l'opéra qui ne m'intéresse point; je n'y lâche que quelques mots pour l'entretenir, et je me moque sérieusement de mes deux convives.

Après le dîner, le danseur me présente un vénitien de ses amis, qui avoit composé une comédie; je le reçois poliment, ensuitte le traitant en homme de lettres je fais adroitement tomber le discours sur ma derniére mascarade, sur les vers que j'y avois chantés, et les forçant à me prier de les chanter, je commence. Je suis enthousiasmé de ma composition, je vois avec dépit que les auditeurs ne le sont pas; je finis, et au lieu de conclure que, puisque le musicien, ni le danseur, ni l'auteur ne sont point transportés, les vers pourroient bien n'être que médiocres, j'en conclus qu'ils n'avoient point le tact assez fin pour en sentir toute la délicatesse, et que les vers estoient excellents.

Ils s'en vont, je m'habille, et je sorts, enchanté de mon bel habit, ayant la contenance d'un homme qui est au-dessus de cela, et j'en étais de beaucoup au-dessous.

Je vais par oisiveté chez ma sœur, charmé que mon oisiveté me procure l'occasion de satisfaire du moins à un devoir de bienséance.

Je suis là comme un homme qui veut plaire à tout le monde, je n'y contredis personne, je garde exactement le propos de société, c'est à dire que je ne dis rien; je m'informe soigneusement de la goutte de mon Beau-frére, je m'en fais racconter scrupuleusement le détail, comme si cela m'eût intéressé vivement; je le plains ensuitte avec des termes outrés: c'est là la politesse, c'est le monde, c'est le squelette d'un homme comme il faut.

Insensiblement l'ennui me gagne, je m'en vais une autre fois dans la rue du Pô, mais j'ai froid, il n'y a personne. Je rentre un peu en moi-même, et le bon sens ne m'indique que ma maison, où je puisse réfugier un aussi mince personnage que je suis.

J'y arrive, je prends un livre par désespoir; mais bientôt il est nuit; charmé du prétexte que je n'y vois plus, je quitte le livre, à peu prés comme un enfant feroit s'il avoit intention de tromper son pédagogue.

Je reste là comme un sotte, jusqu'à ce qu'arrive le maître de musique. Je commence à jouer avec distraction et mal, je finis en m'appliquant et ne pensant à autre chose.

Peu après arrive l'abbé de Gouvon; nous restons jusqu'à huit heures auprés du feu, en nous regardant, la bouche béante. Mon âme est alors dans un tel assoupissement qu'elle avoit même de l'obligation à ce muet personnage de ce qu'il m'empêchait par sa présence de travailler à la maudite Tragédie. Cette Tragédie est un vrai mystére: je voudrois la faire, parce qu'elle m'amuse, et que cela satisferoit diablement mon amour propre; je ne voudrois pas la faire parce que cela coûte de la peine. Je différe toujours l'heure du travail, mais quand j'y suis c'est tout de mon long.

Huit heures sonnent. Je dis à l'abbé que je ne me soucie de rien, que je n'ai point envie de sortir, et, en disant cela, je prends l'épée et je sorts. Je vais premiérement au théâtre pour voir si feu ma maîtresse y est, parce que je serais embarrassé si je la rencontrais au bal; on me dit justement qu'elle est au bal. Sagement je ne devrais pas y aller, mais le moyen de résister à l'envie de se faire voir, quand on se croit un modéle de gentillesse corporelle et spirituelle? Je vais au bal, résolu de ne point regarder où elle sera, car toute la difficulté à présent consiste en ce que je ne veux point la voir, et je ne le pourrais pas encore de sang froid, coquetter avec d'autres; je puis bien imaginer encore plus peut-être qu'elle ne fait, mais je ne pourrais pas en voir l'apparence: je ne sçais point me rendre une juste raison de cette sensation. Heureusement, je ne la vois pas; je vais dans l'autre chambre, je me livre à une humeur galante et badine qui m'est assurément étrangére; petites paroles, demi-bons mots, sourire fins, persifflages légers, changements continuels de place, rien enfin de ce qui peut constituer un vrai fat ne m'échappe, et c'est dans cette noble occupation que j'employe trois ou quattre heures.

Je rentre enfin chez moi, et je commence à jouer de la guitarre et à chanter, comme si j'avois lieu d'être enchanté de moi; je repasse dans ma tute avec satisfaction toutes les nullités que j'ai dit et celles qu'on m'a dit; je me dis: -- Celle-là t'a regardé, cette autre t'a parlé etc., et sans avoir envie de m'attacher à aucune, je suis pourtant charmé que l'on me trouve du mérite, et je m'en trouve certainement une dose, dont aucune de celles-là ne s'est pas même douté.

La réflection vient enfin, car elle vient toujours tôst-ou tard, et elle revient malgré qu'on la chasse; ma tète, qui n'estoit qu'un vrai ballon rempli de vent, étant désoufflée de toutes ces vaines chiméres, m'a paru bien petite et mesquine. Je me suis battu longtemps, si j'écrirois ou si je n'écrirois pas une si digne journée; je m'y suis enfin résolu, moitié par l'envie de me corriger et moitié pour flatter mon amour-propre, qui est assez ingénieux pour rattraper sur la générosité de cet aveu tout ce qu'il a perdu dans ce que cet aveu peut avoir d'humiliant. C'est un ami qui trouve toujours son compte à tout. Enfin ceci est écrit, et si je n'en retire point de profit, cela pourra du moins servir un jour à me faire rire.



1777


Giovedì li 17 Aprile.

Questo salutare esame di me stesso interrotto da più di due anni, in parte perché la difficoltà di esprimermi in toscano era somma, e la naturai ripugnanza a sparlar di sé non minore, mi si para di bel nuovo innanzi come efficace mezzo di correggermi un cotai poco, e di formarmi ad un tempo istesso lo stile. Ripigliandolo adunque secondo l'usato modo, dico che:

questa mane appena svegliato tosto ricorsi col pensiero alla fama letteraria, oggetto costante d'ogni mio desiderio: e perciò benché non volenteroso di leggere, diedi pur munti a messer Ariosto e moltissime ottave ne lessi sperando di adeguarlo un giorno per la felicità, chiarezza ed eleganza, e sorpassarlo forse per la brevità, invenzione e forza.

Stavami in questa occupazione, quando mi venne recato un manoscritto già da me imprestato al conte di San Raffaele: non portando l'emissario verun'altra ambasciata, fui fra me un poco sdegnosetto, che il detto Conte non facesse motto di venir da me per ascoltare una mia Tragedia, come già da più giorni avea promesso di fare.

Pure all'amor proprio costava troppo il farglielo rammentare, onde mi tacqui; anzi pensai fra me stesso al modo che dovea per l'innanzi tenere, affinché egli non s'accorgesse ch'io badava alla sua volontaria o fortuita smemorataggine.

Trapassò il mattino, e venuto a visitarmi un abbate francese, a cui lessi questi miei esami fatti da due anni, ripigliai l'impresa: insperanzito di dare alla cosa un cotale aspetto, che mi riuscirebbe non meno utile forse, che glorioso.

Torbide furono assai le ore del dopo pranzo, e da non lieve cagione fu la mja pace turbata. Un cavallo zoppo da più mesi, or più or meno, fece quest'oggi la mia disgrazia: essendo imminente la mia partenza per Toscana, non potendovi andare o senza o con pochi cavalli, questo mi riesce d'impaccio tale che la mia poca filosofia non basta omai a farmi prender pazienza. Idea del merito mio ho per certo grandissima: pure al primo arrivo in paese straniero panni che que' be' cavalli possono parlar per me; e bench'io sappia che gli stolti soli giudican la gente dalla comitiva, pure parrebbemi di lasciar addietro la testa, se lasciassi questi cavalli, per cui non ho più, com'ebbi una volta, passione, ma da cui spero, il dico per mia somma vergogna, ritragger lustro e considerazione.


Venerdì li 18 Aprile.

Balzai dal letto con idea di por mano a certe ottave da gran tempo ruminate, feci quattro versi cattivi, e con sommo stento. Non posso ancora all'atto pratico porre in esecuzione ciò ch'io ben so; ch'é cosa impossibile di comandare ai versi. M'addormentai nel quinto verso dell'ottava, e buon per me che se faceva pur questo verso avrebbe addormentato il lettore. Il dopo pranzo parlai di belle lettere coll'Abbate Masino: la voglia mia d'imparare é somma: la ragione di questa voglia é la smisurata mia ambizione che non vedendo altro campo da correre, tutta s'é gettata alle lettere, ed in fatti non v'é il più onorifico.

Portai l'Antigone per leggere al crochio, udendo che il conte di Villa non e'andava per essere infermo, e che forse rimarrebbe vuota la lezione. Avea pur voglia di leggere ciò che m'avea recato in tasca: eppure avea voglia altresì di non parer d'averla: onde dissi che se nessuno leggeva, leggerei: poi lasciando cadere il discorso, replicate fiate mi feci o lasciai pregare di leggere: e di molto m'avrebbero que'signori corbellato se accettavano per buone le mie scuse.

Diedi principio: lessi una tragedia, i di cui versi fatti in meno di venti giorni, doveanmi essere sospetti; pure con idea grande di me stesso andai sino al fine; e non erano cattivi, quanto dovean esserlo.

Si ragionò dopo alquanto sulla Tragedia, che non dispiacque. Tana già mio maestro parve approvarla meno che gli altri. Fecemi alcune opposizioni, che non mi appagarono; confesserò ch'io ebbi il basso pensiero di crederlo invidioso, forse perché io il sarei. Comunque sia, me n'andai a casa pienissimo di me; dall'entusiasmo e dalla scossa della lettura, ebbi gran pena a pigliar sonno, e pensando alla mia fama m'addormentai finalmente in questa dolce chimera.


Sabato 19 Aprile.

Quasi quasi il cavallo zoppo ha scavalcato la poesia: primo pensiero svegliandomi, ultimo andando a letto; ma questa è una lunga catena di piccolissime cause e di ancor più piccioli effetti. Il zoppo m'impedisce la partenza; il differirla é un rubare il tempo alla mia amabilità che non può mostrarsi abbastanza a lungo in Toscana: dove in mio pensiero già ho acceso parecchie donne dell'amor per me, e riportatane la stima di tutti gli uomini di senno o di spirito.

Non potendo questa mane a veruna cosa applicare, stetti fuor di casa fino a mezzogiorno, passeggiando con un amico da una strada all'altra, d'una bottega in altra, avendo l'ozio scolpito in fronte, e cercando d'ingannare il tempo, e me stesso. Entrai in mercato d'una canna d'India bellissima e di caro prezzo. Combattuto tra l'avarizia e l'ambizione d'averla, lasciai indecìso se la prenderei o no; ma sento benissimo che non passeran due giorni, che sarà mia. Cercando rendermi ragione di questo contrasto scopro mille ridicole porcherie: il prezzo della canna mi spaventa, ma l'idea che ognuno dirà: -- Questa é superba; é la più bella che v'abbia in Torino -- m'alletta: e parmi, o misero me! che di questa lode ne ridondi in me alcuna parte: pure, se la canna é bella, la lode é sua e di chi l'ha fatta; s'ella é mia, non l'é per altra ragione fuorché avendo io i danari, o non gli avendo, cosa che anche avviene, fattimegli imprestare l'ho pagata; ed in legge di nobiltà, spesse volte anco ricevo i complimenti su cose che per non esser pagate non son mie.

Dopo pranzo venne Tana da me: non so se io mi inganni sul fatto suo; ma parmi di vederlo meco in un contegno dissimile da quel di prima: non mi posso toglier l'idea ch'ei non sia geloso di me, e delle mie felici produzioni. Onde in voce me gli confesso pur sempre gratissimo, ma in core comincio in certi momenti ad odiarlo; pure rientrando in me non lo credo; e di nuovo ricomincio ad amarlo. La conclusione fatale di questo si é ch'io non amo che me stesso, e gli altri per quanto possono contribuire a questo amor proprio bestiale.

Pagherei pure qualunque cosa per vedere il giornale di Tana, s'ei lo facesse.

Spinto dall'inedia andai poco dopo dall'antica fiamma; non l'ho stimata mai, e l'amo a quest'ora pochissimo. La sconsolazione, che da più giorni non mi posso levar d'intorno, raffrena la mia libidine, e non altro, perché un'altra volta l'amor proprio mi dice, che s'io m'ostinassi ad attaccare, vincerei. Il rimanente del giorno insipido, inetto, ed ozioso, di casa in casa, pensando poco, ragionando assai e conchiudendo nulla. Scordavami di dire che prima del pranzo aprii Sallustio a caso, ed ebbi la dura mortificazione di vedere che non l'intendeva; avendolo però tradotto ha pochi mesi. Che traduzione ha da esser questa!


Domenica li 20 Aprile.

Giornata insipida tutta, in cui non seppi esser buono, né cattivo.

Lessi tutto il mattino Vasari Della pittura; e credetti davvero, che se da giovane avessi applicato a quest'arte, vi sarei riuscito eccellente. Invitai a pranzo alcuni de' Signori del crochio, non per altro, che per udir di nuovo gli encomi della mia ultima Tragedie: però ebbi la generosità di chiedere e lasciarmi dire il vero, persuaso che il buono superasse il cattivo; altrimenti non mi ci sarei arrischiato.

Ondeggiai gran tempo se inviterei pure il maestro Tana.

Faceami ostacolo il pensare che la sua presenza mi porrebbe in suggezione nel ricever le lodi dagli altri ch'egli non prodiga mai; mi risolvetti alfine ad invitarlo, cacciando cotai pensiero come basso: non venne perché avea impegno; confesso che non me ne dispiacque.


Lunedì li 21 Aprile.

Tanto é vero che l'abitudine dell'ozio si prende più tosto che quella del fare; ché il solo giorno d'ieri passato col leggere poche righe m'ha fatto trapassar questo senza leggerne una sola. Per mia fortuna la noja che tosto succede all'ozio me lo caccia d'addosso; altrimenti per istinto non farei mai nulla.

Mi bollì nel capo, vuoto d'ogni altra cosa, tutto il mattino il pensiero della lezion di musica, che dovea dare il dopo pranzo a una bellissima signora. A ciò mi spinge la speranza, per non dir la certezza, che in otto giorni ella potrà aver da me idea chiarissima dell'accompagnamento di cembalo; cosa che in assai più tempo non ho acquistato finora dai maestri.

Ragione intima: il solito amor proprio.

La serata si lesse al crochio un estratto di Bacone in latino: io non intesi quasi nulla: onde finsi per giustificazione dell'amico amor proprio, talor di sonnecchiare, talor d'essere distratto. Dopo la lettura si disputò in metafisica. Le sottigliezze di quelle scienze di cui sono ignorantissimo, alle volte mi seducono o m'abbagliano: il più delle volte non le intendo e mi sfuggono; generalmente non mi s'affanno al mio ingegno, e mi spiacciono.


Martedì 22 Aprile.

Ozioso più che mai, appena alzatomi non potendo stare in casa, e non sapendo però dove andare, andai dall'amico Tana, con intenzione di dissipare quei torbidi che apparianli sul viso al mio aspetto. Pensai perciò di confidargli un segreto per sé stesso poco importante, ma che poteva però interessarlo. Ondeggiai gran pezzo, se gliel direi o no: mi determinai alfine per il si; ed a ciò non già mi spinse come a lui dissi l'amicizia, ma il solo interesse mio di mettermi bene nella sua grazia; e m'é cara questa, per l'utile che me ne può ridondare; essendo egli eccellente critico, e ritraendo io da lui de' lumi che cercherei invano negli altri. Però non posso già dire ch'io non l'ami a un certo modo, ch'è mio, e mio soltanto. Se veggio in lui principio o seme di amicizia e di stima per il mio merito, ch'é ciò, che più m'importa, lo amo tosto, e stimo, rendendogli cento per uno; ma se posso sospettare ch'egli non lo senta intero o non ne faccia il dovuto caso, tosto sparisce agli occhi miei quel gusto, e tatto finissimo, che soglio attribuirgli, e ch'egli ha certamente; ed in lui non veggo che l'inferiorità sua, e l'invidia. Di questo appena ardisco renderne conto a me stesso; non che ad altri. Il lungo parlare, la confidenza, il tuono amicale, mozzo vero mezzo caricato, riuscì: restammo più amici che pria; ed io vidi con mio sommo dolore, che gridando tutto dì contro le Corti e suoi insetti, io ne sarei, se vi stessi, un de' più sublimi in viltà.

Pranzò meco; si ragionò molto. Dopo, con un poco meno d'entusiasmo andai a dar lezione alla bella; ma sempre per la stessa ragione. Ne uscii ripieno della buona idea di me stesso; andai dalla sorella di essa, che m'ama, ma non mi piace, affin di tenerla placata, e non gelosa della assiduità mia appo dell'altra: di cui non m'importa però nulla. Per questa non ho che amicizia; ma sarei contento al maggior segno s'ella cessasse d'amarmi.

La sera sentii leggere al crochio una dissertazione sulle antiche prove giudiziarie, bene scritte e ragionate, che piacque a tutti, ch'io lodai con gli altri a prova. L'autore non ha che far con me; egli é più dotto, ma ha, meno ingegno: non corriamo la stessa carriera: pure, senza saper perché, lodandolo e sentendolo lodare, sentii movimenti di gelosia per non dire d'invidia.

Credo che quante lodi si sono date, si danno e daranno a tutti gli uomini per qualunque lodabil cosa vorrei tutte esclusivamente attribuirmele.


Mercoledì 23 Aprile.

Fui all'Università per ozio e curiosità ad udire una laurea teologica. Disputava il padre Beccaria: facendo egli alquanto il buffone, rideva tutto l'uditorio; io pochissimo intendeva della disputa per esser latina: non mancava però di sorridere e ridere con aria d'intelligenza a proposito. Nell'uscire un mio antico compagno di scuola che da molt'anni non m'avea veduto, e non sapeva ch'io da due anni in qua mi fossi dato alle lettere, credendomi, come m'avea lasciato, ignorantissimo, mi disse con ironico sorriso che per cerio io m'era poco ricreato nell'ascoltar la disputa. Questo mi colpì assai: però non ne diedi segno: pensandovi dopo credo che mi offendesse questa riflessione, per essere cosi vicina alla verità ch'io avea fin allora esperimentata con rabbia, vedendo ch'io non intendea la disputa.


Giovedì 24 Aprile.

Parmi d'osservare che i soli giorni in cui non m'abbia granfatto a doler di me stesso sien quelli, in cui o per crudezza di stagione da'miei nervi vivamente sentita o per altra simil ragione, non ho, per cosi dire, altro di vivo in me che il sapere che non son morto. Fu oggi uno di que'giorni, e non peccai se non per inerzia. Pure essendo al passeggio soffiava un vento gagliardo, onde ebbi qualche dubbio se m'inoltrerei fin dove passeggiavano le signore: perché sapendo esser io pallidissimo per non star bene, e tutti aver spolverati i capelli dal vento, avea ribrezzo di farmi vedere in modo si sconvenevole alla pretesa mia bellezza. Non pertanto arrossii in me stesso del dubbio, il vinsi e v'andai.


Venerdì 25 Aprile.

Ozioso più che mai. Passeggiando con un amico, s'entrò a ragionare d'entrate, di spese, d'economia. Credei di renderli conto ingenuo delle mie facoltà; pure avendo la miglior voglia di dirli il vero, per ingannar me stesso non men che lui, lo accrebbi d'un quinto. La ragione di tale stoltezza parmi che sia, ch'avendo fama di ricco in ragion di cento, confessandomi non l'essere che in ragion di ottanta, ne viene il totale delle mia fama ad essere in parte scemata. Perché nel totale della riputazione, un poco di ricchezza, un poco di bellezza, di spirito, d'ingegno, di coraggio fanno un tutto a cui non si toglie cosa benché per sé piccola, senza toglierne una parte essenziale.


Sabato li 26 Aprile.

Volli assistere al funesto spettacolo d'un soldato disertore che si passava per l'armi. Era quest'infelice saltato il giorno innanzi dalle mura e rottosi le reni. Non perdo mai occasione d'imparare a morire; il più gran timor ch'io abbia della morte é di temerla; non passa giorno in cui non ci pensi; pure non so davvero se la sopporterò da eroe o da buon cattolico, cioé da vile; bisogna esserci per saperlo: quel che mi pare é che variando le circostanze d'età, di salute, d'accidenti anche momentanei, la mi parrebbe a vicenda dura, mendura, forse anche talvolta grata ed altre durissima.

M'arrabbia il vedere nella natura umana una tenacità ad amar ecclesia prigion corporea, tanto più, quanto vai meno. In mio pensiero, che non ad altro é vólto ch'alla gloria, rifaccio spesso il sistema di mia vita e penso ch'a quarantacinque anni non voglio più scrivere, godere bensì della fama che sarommi procacciata in realtà o in idea, ed attendere soltanto a morire. Temo una sola cosa: che avanzando verso la meta giudiziosamente prefissami, non la allontani sempre più, e ch'agli anni quarantacinque non pensi se non a vivere; e forse a sc[h]iccherar carta. Per quanto mi sforzi a credere e far credere ch'io sia diverso dal comune degli uomini, tremo d'essere simigliantissimo.


Domenica 27 Aprile.

Non veggo che per notare le mie pecche, arrivi punto ad emendarle: lo stesso contrasto ch'ebbi giorni sono per una canna ebbi oggi per un cavallo. Vidi con somma afflizione che il zoppo non polea servirmi: onde presi partito di comprarne uno in vece. Il partito savio e prudente, era di venderne anzi un altro e d'andarmene con due soltanto, muta più adeguata alle mie forze, ma non alla mia vanità. Volendo far illusione a me stesso, cerco di persuadermi che questo lusso si ha per gli altri; che nel mondo corrotto queste cose che abbagliano gli stolti, facilitano i mezzi per conoscere e farsi conoscere. Tuttepieciolezze che mi fanno arrossire scrivendole: e che non avendo coraggio di vincerle, mi fanno palpabilmente vedere ch'io son più picciolo di esse. Il fatto vero, s'io ardisco rendermene conto, si é ch'io spero ottener per via de'miei cavalli il primo suffragio favorevole: e per via poi del proprio merito, il secondo.

Vuo' che gli altri mi stimino; e s'io fossi a piedi, mi stimerei da meno. Non so se gli altri uomini son tali; ma se sono, oh son pur meschini!

La sera al passeggio essendo con due amici oziosi e del bel mondo, femmo a gara a chi parrebbe aver più brio, più vivacità e piacevolezza, il tutto per essere notati dalle signore. Quattro o cinque giorni ch'io passo nell'ozio e ne'pensieri di questo maladetto viaggio, m'hanno talmente vuota la testa d'ogni sensata riflessione, che mi trovo un'altra volta in preda a tutti que' venticelli che, abbenché deboli per sé stessi, fanno pur naufragar facilmente un capo scemo e mal governato. Però non temo che l'ozio m'abbia un'altra volta a sovrastare: i libri, l'ambizion di ben fare, qualche lieve successo, possono in me assai più di lui. Quest'é un'effimera infermità; al primo rimedio applicatovi con risoluta volontà, son certo di cacciarla.


Lunedì 28 Aprile.

Dopo aver atteso qualche tempo alla musica, a cui applico più per ozio e impegno che per passione: mi sentii nascere quell'impazienza che ad altro non saprei attribuire fuorché al bollor giovanile: quell'impazienza dico che non sa trovar loco: pareami mill'anni d'uscir di casa per vedere e farmi vedere. Presi un aggiustamento negligentemente studiato, ed andai senza saper dove. A misura ch'io camminava per le strade, pareasi scemasse in me quell'estro fantastico, vedendo che nissuno m'ammirava, fuorché io stesso. Fui ragionevole alquanti minuti essendo pervenuto in luogo solingo; dove riflettei che. s'io fossi solo al mondo avrei molli ridicoli meno: ma rientrando per altra parte in città, la filosofia spari e rimase la vanitaduzza. Incontratomi con una Donna, che m'ama e che non si vergogna di dirlo né a me nò a chi lo vuoi sapere, passeggiai con essa. Benché non mi sia veduto in quel momento allo specchio, pure so di certo, che io aveva quella baldanza in viso ch'avrebbero più giustamente avuta Scipione o Paolo Emilio, strascinando avvinti i domati re al loro carro. Io pure non era Scipione; e l'avvinta Donna non avea altro di regina che i corrotti costumi. Passò il rimanente del giorno in pensieri degni d'un tal mattino. Picciole astuzie per comprar un cavallo a miglior mercato: affettazione di disinteresse non vera: e la sera al crochio si lesse uno scritto buono per i pensieri, non ottimo per lo stile: vi badai poco, per aver la lesta ripiena di troppe coserelle: applaudii di miglior cuore che pochi giorni prima, perché mi piacque meno; e giudicai, l'autore non potermi essere rivale.


Martedì 29 Aprile.

Nulla che vaglia d'essere scritto.


Mercoledì 30 Aprile.

Dalle otto del mattino fino a mezzogiorno sonatissimo, andai vagando dalla bottega d'un maniscalco all'altra, vedendo cavalli, patteggiando, annojandomi e comprandone uno alfine: onde l'ostacolo primo alla partenza é tolto. Resta soltanto a ben consolidare la vergognosa piaga scolaticcia, e poi si parte; si va a mostrar questo novello prodigio alla Toscana.

Il dopo pranzo andai dall'antica mia Donna; ora feci il personaggio d'indiderentissimo, essendo appena indifferente: e molti vezzi e lascive provocanti carezze mise inutilmente in uso la dotta Frine. Saldo come un marmo feci una resistenza degna di San Luigi Gonzaga, ma per altro principio. Non saprei rendermi esatta ragione di queste mie qualità negative: credo poterle attribuire al mio fisico; ho certi giorni in cui darei la dea Venere, le nove Muse, la gloria d'Omero e d'Alessandro per un picciolo. Ed in tali vicende estreme e contrarie trapasso non i giorni soltanto, ma l'ore ed i minuti.

La sera al crochio, essendo l'ultima adunanza, proposi, per l'anno venturo, che vi si parlasse un giorno della settimana sopra una data materia, fissando il tempo al parlatore. Esagerai l'utilità di una tale istituzione, la quale é certissima; ma più che all'utilità pensava in quel momento alla gloria che me ne potrebbe tornare; credendomi uno de' più brevi parlatori che v'abbia, e sperando con tal metodo di perfezionare la mia brevità, e riportare sopra tutti gli altri la palma.


Giovedì 1 Maggio.

Cessate appena le sublimi cagioni dalla mia eccessiva oziosaggine e distrazione, cioé comprato il cavallo ed assicurata la partenza, ecco ricomparir poco a poco la filosofia e l'amor delle lettere. Quest'é l'oggetto mio costante, questa é la passione predominante; ma debbo portarla innanzi con si fatta e ignobile scorta di passioncelle che, nobilissimo il fine, pur mi fa arrossire per la viltà de'mezzi.

Lessi alcun poco; ripresi gusto per i versi: ne recitai, copiai e quasi mi metteva a farne; ma unpensieruzzo grave me ne distrasse: e fu d'andare a corte non già per cortigianeria ma per accarezzar l'ozio, ingannare il tempo e trovare alcuni amici a cui non avea che dire. Il dopo pranzo per esser piovoso m'impedi la passeggiata, e n'ebbi pena: io che venti giorni sono per il più bel tempo che mai fosse non avrei lasciata la mia Antigone per mezzo il mondo; eppure la é così: essendo diverso da me ogni giorno, ogni ora, ogni minuto, son pur sempre immutabilmente lo stesso.

Parlai coll'amico Tana a cuore aperto: e quasi quasi gli dissi che alle volte ci mi facea rabbia; ma non ebbi il coraggio di pronunziar la parola « invidia »; di cui, se posso arrivare ad obbliar me stesso, non lo credo veramente capace: ma e chi si obblia giammai un momento?

La sera opera; dove non ebbi la solita vanagloriuzza di credermi guardato dalle donne; cioé non l'ebbi quanto i giorni ultimi scorsi; ma più però che non conviensi ad un filosofo scrittore.


Venerdì 2 Maggio.
Lunedì 2 Giugno. Siena.

Questa lunga interruzion del giornale, non procede già da affari, che me n'abbian distolto, ma dall'ozio divagato del viaggio: in cui fui sì poco filosofo che non ebbi il coraggio di impugnar la penna. Si viene poi un giorno al redde rationem, si arrossisce, ma si scrive.

Molte vicende ebbi io nel viaggio, ed alcuni pericoli corsi: uno sul Po, urtando la barca con impeto grande in un mulino; non ebbi la paura che dovea avere un poeta; perché non conobbi il pericolo se non dopo.

L'altro fu in mare; dove era tempo fierissimo, il vento impetuoso e contrario, e la nave ripiena di frati, e d'altra gente vile che si raccomandava a Dio. Io veramente qui non credei il pericolo, e non era così evidente come lo voleano far credere: però essendo moltissimo mareggiato, non avea neppure comodo d'aver tutta la paura necessaria. Rincresceami sommamente di morire prima d'aver acquistato fama; quanto alla vita futura, non mi mettea punto timore, non sapendo che crederne, ma sapendo di certo, che non ho mai fatto male a nissuno.

Sbarcai; giunse dopo molti giorni la filucca a Lerici, e venni a Pisa. Mi spiace sommamente di non aver scritto allora i pensieruzzi che m'agitarono in quel frattempo. Un giorno solo ebbi di buono in Sarzana; e scrissi in quello la distribuzione della Virginia; tragedia che spero col tempo di condurre a buon fine. Mi fece abbracciar questo soggetto l'aver udito ch'ella non si potesse fare. Io vorrei sempre fare quel che non si può; e non faccio forse neppur quello che si può.

In Pisa rividi una ragazza con cui facea l'amore, l'anno scorso; non ne sono innamorato, ma la mi pare d'un'indole ottima; e non fui mai così vicino ad ammogliarmi. Pensai di mettere questa vocazione alla prova coll'allontanarmi: perciò venni a Siena. La ragazza é piuttosto ricca; e questo, benché io n'arrabbi fra me stesso, non mi dispiace. La tranquillità così necessaria al mio mestiere, mi parrebbe perfetta, avendo una moglie amorosa e costumata: ma se non é? Questa, costumata pare; innamorata di me lo pare: ha rifiutato altri partiti; in un anno d'assenza, so che ha sempre cercato di me senza ch'io non le avessi detto neanche una volta ch'io l'amassi; quando son con lei, la veggo in quel contegnoso e modesto impaccio, in cui si trova una ragazza che ama e non l'osa dire, ma vuol che s'indovini. Finta finora non lo é: ma, ma, ma. Bisogna pensarci.

Giunto a Siena non ebbi altro pensiere, che di piacere: di presentarmi sotto un aspetto favorevole. Mezza la riputazion mia sta ne' cavalli: uno che s'ammali o che muoja son servito!

Da prima voglio comparir bello; poi ricco; poi uomo di spirito; poi autore ed uomo d'ingegno. Sto disponendo le mie batterie per tale effetto: dirò in appresso qual esito ne abbia avuto.

Martedì 3 Giugno.


EDIZIONE DI RIFERIMENTO: "Opere di Vittorio Alfieri", introduzione e scelta a cura di Vittore Branca, Mursia editore S.p.A, Milano 1979







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